Il y a des histoires qui méritent d’être racontées et transmises. Des histoires qui nous rappellent que, même dans les périodes les plus sombres, des femmes et des hommes ont choisi la solidarité plutôt que la haine.
C’est autour de cette mémoire et de cette volonté de faire vivre le dialogue que Messagers de paix a organisé une rencontre consacrée au documentaire Une résistance oubliée. La Mosquée de Paris de 1940 à 1944, réalisé par Derri Berkani en 1991, en présence d’Annie-Paule Derczansky, présidente de l’association Bâtisseuses de paix.
Une rencontre pour découvrir une histoire méconnue
La rencontre a débuté par une intervention d’Annie-Paule Derczansky, qui a présenté son engagement et le travail mené par Bâtisseuses de paix.
Journaliste de formation, elle est revenue sur le parcours qui l’a conduite à créer, en 2002, une association favorisant les liens entre les femmes juives et musulmanes, avant d’élargir cette démarche aux hommes.
Son engagement s’inscrit dans une conviction profonde : malgré les tensions et les divisions, il est possible de créer des espaces de rencontre, de dialogue et de coopération. En partageant des expériences, des cultures et des histoires, chacun peut contribuer à construire un vivre-ensemble plus apaisé.
Elle a notamment expliqué comment la découverte d’initiatives de dialogue entre Israéliennes et Palestiniennes avait nourri sa réflexion, et comment la mémoire de la Seconde Guerre mondiale pouvait devenir un point de rencontre entre les communautés juives et musulmanes en France.
« Une résistance oubliée » : la solidarité au cœur de l’Histoire
La projection du documentaire Une résistance oubliée. La Mosquée de Paris de 1940 à 1944 de Derri Berkani a constitué le cœur de cette rencontre.
Le film revient sur un épisode méconnu de l’Occupation : le rôle joué par la Grande Mosquée de Paris et par des personnes qui se sont engagées pour venir en aide à des Juifs persécutés par le régime nazi et les autorités de Vichy.
À travers cette histoire, le documentaire met en lumière des gestes de solidarité et de résistance qui rappellent que les convictions et l’humanité peuvent conduire à agir, même lorsque le contexte pousse à la peur et au repli.
Redécouvrir cette histoire, c’est aussi interroger notre rapport à la mémoire et à sa transmission. C’est rappeler que notre passé est fait de destins croisés, d’engagements et de choix individuels qui peuvent faire la différence.
Cette mémoire partagée offre un terrain précieux pour dépasser les préjugés et ouvrir un dialogue entre les générations et les communautés.
Un moment convivial pour prolonger les échanges
Après la projection, les participants ont pu poursuivre la rencontre autour d’une collation et d’un bon thé.
Ce temps convivial a permis de prolonger les discussions dans un cadre chaleureux, de revenir sur les éléments marquants du documentaire et d’échanger autour de l’engagement de Bâtisseuses de paix.
Les conversations ont notamment porté sur la manière dont l’histoire peut contribuer à rapprocher les personnes, sur la place du dialogue interculturel et sur les initiatives concrètes qui permettent de faire vivre la paix au quotidien.
Car se rencontrer, écouter des expériences différentes et prendre le temps de comprendre l’autre sont déjà des actes importants. Ils permettent de faire tomber certaines barrières et de créer des liens là où les tensions peuvent parfois prendre toute la place.
Bâtisseuses de paix : construire des espaces de dialogue
Au fil de son intervention, Annie-Paule Derczansky a présenté la démarche de Bâtisseuses de paix : créer des occasions de rencontre, valoriser les histoires communes et favoriser une coexistence plus apaisée.
L’association ne prétend pas résoudre, à elle seule, les conflits internationaux. Son action se situe à une autre échelle, tout aussi essentielle : celle des relations humaines, du partage et de la vie quotidienne.
Comment construire une société dans laquelle les différences ne deviennent pas des obstacles insurmontables ? Comment éviter que les conflits qui se déroulent ailleurs ne détériorent les relations entre les personnes ici ? Comment transmettre une mémoire qui rassemble plutôt qu’elle ne divise ?
Autant de questions qui traversent cette démarche et font écho à l’engagement de Messagers de paix.
Faire vivre la paix, ensemble
Cette rencontre autour de Une résistance oubliée a été l’occasion de découvrir une histoire méconnue, d’écouter le parcours d’une femme engagée et de partager un moment de réflexion collective.
Elle nous rappelle que la paix ne se construit pas uniquement dans les grandes déclarations ou les accords politiques. Elle se construit aussi dans les rencontres, dans la transmission de la mémoire, dans la capacité à écouter et dans les initiatives qui rapprochent les personnes.
Messagers de paix remercie chaleureusement Annie-Paule Derczansky pour son intervention, ainsi que toutes les personnes présentes pour leur participation à ce temps de partage.
Continuons à faire vivre ces espaces de dialogue, à transmettre les histoires qui nous rapprochent et à construire, ensemble, un avenir fondé sur la compréhension, la solidarité et la paix.

